l'oiseau d'elle

Publié le par l-ange-noir

 

Une forme noire, féminine, fluette, flottait dans la brume. Elle avait d'immenses yeux émeraudes. Parfois des perles de la rosée restaient en équilibre en ses long cils, puis certaines gouttes, d'un battement de paupières se décrochaient, coulaient sur ses joues pâles. Elle portait un joli et fin voile, transparent, voilant si peu sa longue chevelure d'or. Vaporeux et léger le vent téméraire et intrépide le caressait. De ses plissures en mouvances naissait un second visage émotif. Ses plis riaient muets. C'était un voile de soie et de dentelles, brodé de minuscules diamants ronds et bleu nuit.

 

Le matin assise devant sa coiffeuse de princesse, elle ouvrait le petit coffre en or qui reposait dessus, dedans le voile dormait. Elle fouillait la poche de sa robe, en sortait une petite fiole ovale contenant des paillettes d'or noyées en un liquide rosé. Elle retirait le petit bouchon en liège et renversait une goutte odoré sur le tissu. Le voile s'éveillait ainsi du nid. Tel un doux animal, il palpitait. Il se métamorphosait en un majestueux oiseau, décollait, planait, volait dans la chambre. Revenait au dessus de la dame, s'installait sur l'arrière du crane, épousait sa forme. La dame exquissait au miroir un sourire. Elle se sentait protégée, et prête à faufiler ses pas dehors.

 

Demi anonyme elle marchait voilée dans la brume. Ce voile comme un second visage éthéré, expressif aux vents: voilé, dévoilé mieux que le premier. Le figé de cire. Et pourtant qui de l'un deux, était des vivants?! Chacun semblant des demi morts, des moitié vivants. Ils se formaient en un, sans arrières pensés, en complément de l'autre, chacun donnant sa part de vie, la partie qui manque à l'autre.

 

A l'aube de la mort de cette dame, pour y faire face, pour ne pas que la faucheuse passe derrière son dos. Pour continuer à vivre même cachée, sans vraiment cacher. Elle avait fait un sortilège à l'oiseau. Elle voulu qu' il la prenne sous ses ailes. Il devint à moitié voile. Il devint à moitié mort, son autre, son autre visage. L'autre visage à demi vivant, l'expressif quand le sien à demi mort n'en n'avait plus. Elle, elle avait les yeux, les pas, les pensées. L'emprise sur lui, mais il se soumettait de bon coeur. Ils étaient deux dans la brume, ne faisant plus qu' un, deux visages, sans arrières... pensés. C'était l'oiseau d'elle. L oiseau d'ailes.

 

Auteur et illustratrice: Prisca 337981_2738364271958_1642931995_32533659_761058876_o.jpg

Publié dans Dessin & poésie

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giansily 25/07/2012 20:01

poème rare intense magnifiquement détaille une oeuvre de MAÎTRE SUPERBE SORCIÈRE

ANITAYA 07/06/2012 12:07

c'est un superbe texte d'une poésie délicate ,teinté de petits diamants noirs scintillant à moitié,j'aime le choix de tes mots chère Prisca.Tes dessins ont le trait léger,ils sont simples et d'une
grande précision à la fois,dévoilant juste ce qu'il veulent exprimer,semblant inachevés à demi voilés pour laisser libre cours à l'imaginaire de celui qui y dépose son regard.bisous
ANITAYA

appocalypse-desire. 07/02/2012 22:57

elle est si seule au milieu de tous ces gens,
comme une reine dans une ruche.
elle s'habite dans son monde,
sa solitude la protège
mais elle ne détourne pas le danger qui l'entoure.
elle ne parle à personne,
et personne ne lui donne attention.
sans doute le temps y est pour quelque chose,
mais elle repasse sans cesse des parties du temps,
ceux qui blessent, désarment la concience de l'être.
elle passe ses journées dans un lycée,
parmis différents cas , ce qu'elle pense.
elle dine à part , toujours au coin de cette table
devant la grande vitre qui donne sur ces plaines démunies de toute civilisation.
elle se cultive, se perd dans cette immense désert;
elle s'habille toujours sans mode,
mais elle crée sa propre garde robe.
elle a un prénom,
mais qu'importe, puisqu' elle est toute seule
mais rien ne l'empêche
de savourer de se faire nommer elle".



Appocalypse désire. 02/2012. Stef.

l-ange-noir 18/02/2012 12:48



trés trés beau poéme!


merci mon ami



Lee Rony 18/01/2012 16:50

Je manque d'une elle, ce doit être pourquoi je vole en rond !

danae 12/01/2012 19:00

Petit coucou Evy avant mon départ. Bises à toutes les deux